Le cadre :
Anodisé et gravé dans une couleur bronze, la finition est superbe. Visserie, biellettes et supports d’amortisseurs sont en alu usiné anodisé rouge, l’harmonie est parfaite. L’ensemble est racé. L’utilisation de clef Torx pour la plupart des vis est un gage de fiabilité pour les têtes de vis en alu, même s’il faut faire très attention à utiliser les bonnes clefs (et à posséder le jeu complet). On notera le très pratique passage de gaine spécifique aux tiges de selles télescopiques possédants une commande au guidon.
Dans les points négatifs, on pourra noter deux butées de gaine mal placées :
pour le dérailleur arrière, le câble frotte légèrement sur le hauban.
pour le dérailleur avant, sous le tube diagonal, le câble forme un angle marqué en sortie de butée.
Si l’angle de direction est assez sage (68,5°), le boitier de pédalier est assez bas. Le vélo est également assez court, la position en statique agréable et confortable.
Petite note sur la visserie : penser à vérifier les serrages des vis alu régulièrement. Surtout celles des biellettes qui sont très solicitées. Rouler avec une vis desserrée détériorerait celle ci très rapidement.
Les suspensions :
Le Kern Finest est équipé d’un amortisseur RockShow Monarch 4.2. Il est réglable en détente, en précontrainte, possède une molette de réglage du Gate (agit essentiellement sur les basses vitesses) et d’un interrupteur pour activer celui-ci. Ces deux derniers permettent de trouver le bon compromis entre anti-pompage, confort et grip de propultion.
La fourche a aussi été choisie chez Rockshox : Revelation Team, 140mm de débattement et mêmes réglages que l’amortisseur, avec en plus la possibilité de bloquer totalement la suspension. On reste sur le modèle en axe de 9QR. Certainement pour gagner du poids, mais le modèle en axe de 20 aurait permit de gagner en rigidité et précision dans les trajectoirs et autres gros freinages.
La suspension arrière est progressive, même réglée avec un bon SAG il est difficile de talonner. Elle est également très réactive et on se régale de bunny-uper dans tous les sens. On sent que le vélo est fait pour attaquer, le confort n’est pas sa particularité, mais le dynamisme apporté par la suspension arrière donne sans cesse envie de relancer.
La révélation, légère s’avère onctueuse et confortable sur les petits choques. Elle peut vite se faire déborder sur des enchainements de gros choques. Le dual air permet facilement de rendre la fourche progressive sans pour autant perdre tout son confort, mais il est vrai que lorsqu’on gagne d’un côté on perd forcément un peu de l’autre.
L’ensemble se révèle très homogène, comportement saint agréable et réactif.
Le montage :
RAS ! Tout est top : les roues Mavic SLR ont un rapport poids/solidité hors du commun, les freins Formula R1 sont éprouvés, panachage de X0 et de XTR pour la transmission, périphériques soignés et légers. Les pneus sont fragiles et pas adaptés à tous les terrains, mais il s’agit de consommables. Dommage aussi de les livrer en version tubetype sur des jantes Tubeless.
Le poste de pilotage d’origine est agréable et confortable. Le cintre assez relevé remonte peut être un peu trop ce dernier. La potence de 80mm apporte une bonne position de pédalage.
Les montées :
On notera très peu d’effet de pompage, même avec le Gate ouvert. Gate fermé, rien à dire. On peut facilement trouver le réglage qui apporte du grip en montée raide et sol fuyant sans pour autant perdre d’énergie.
Le nez décolle très peu, le rendement est top. Le Kern est allaise aussi bien dans les longues montées au train que dans les raidards techniques. Les descentes : Comme précédemment indiqué, la suspension est très réactive, donne envie de sans cesse relancer et de bunny-uper tout ce qui se présente. Le Kern est très vif, il tourne court. Il manque par contre de stabilité à basse vitesse, surtout dans le cassant, lié à un empattement limité. Quand on ouvre les gaz, ce manque se fait oublier, le vélo maintient alors bien les trajectoires et la vivacité de l’ensemble permet d’éviter les obstacles au dernier moment.
On n’est donc pas en présence d’un « rail », mais on exploite facilement le terrain rendant le pilotage très ludique.
Quand la pente s’accentue on ressent un petit manque d’angle dans la direction. 68,5° sur un 140mm c’est un peu juste pour attaquer dans le pentu ou pour descendre serainement des murs de racines ou de dalles. Un bon dégagement sur l’arrière est alors nécessaire et il ne faut pas hésiter à appuyer fort sur les pédales pour retrouver une assiette rassurante. 0,5° voir 1° de moins seraient un plus en descente, mais on perdrait peut être en confort de pédalage voir en rendement.
Conclusion du test lors de la transvésubienne :
Après un bon mois de ride intensif au guidon du Kern, me voilà serein au départ de la transvésubienne. J’ai en ma possession un vélo léger, équipé au top, au comportement saint en descente et avec un rendement extra.
Départ en première vague (position entre 220 et 260, plaque numéro 247) avec l’intention de me faire mal. Je prend un bon départ sans me faire enfermer dans les chicanes et je roule quasi à bloque dans la première montée. Très vite je me place dans les 80. Je me fais un peu enfermer dans les premiers tronçons descendants, mais ça roule bien, j’en profite pour me reposer.
La première descente me permet de doubler pas mal de gas, j’enchaine à un bon rythme l’ascension du Brec d’Utelle et sa descente dans la foulée. Je continue de doubler.
A la Madonne d’Utelle je suis 54ème, je ne m’attarde pas au ravitaillement, juste le temps de manger un morceau et de faire le plein d’eau. Jusqu’ici le vélo se comporte à merveille, je suis frais, j’encaisse les gros choques en descente, joue avec le terrain et descend tout à bon rythme. Je me met quand même en vrac dans la première grosse dalle de la descente de la Madonne, rien de méchant, juste un pieds sortis, j’enchaine la suite sans prendre de risque. En bas je commence à sentir les avants bras, on vient de passer la mi-parcours, je suis dans les 50 et commence le plus gros portage de la course. Le vélo monté alors à 12,5kg ne se fait pas sentir sur les épaules, du tout bon. Mais j’ai trop tiré dans les réserves tout le début du parcours, et j’explose quelques kilomètres plus loin.
Je lute contre les crampes et suis bien content d’avoir un vélo léger pour m’aider à avancer dans les rampes cassantes du cima. Les secteurs descendants commencent à faire mal, je subis de plus en plus le terrain. Dans ces conditions j’auraient aimé avoir un vélo plus confortable. Quand on n’est plus frais et à l’attaque, le Kern n’aide pas beaucoup à récupérer. Ne pardonnant pas trop les erreurs de trajectoires, j’essaye alors de cumuler tout ce qui me reste de lucidité pour ne pas me mettre au tas. Il me faudra prêt de 20km pour me remettre dans le rythme.
Ca tome bien c’est au début de la descente du mont chauve que je me réveille enfin. D’autant qu’elle est belle ! Quelques rappels à l’ordre quand même, mais beaucoup de plaisir et ce jusqu’à l’arrivée ! (8h28, 72ème).
Les + :
vivacité
réactivité de la suspension
poids
équipement
Les - :
confort
stabilité
Taille testée : M
Poids d’origine avec pédales Crankbrothers Candy C : 12,05kg
Poids montage transvésubienne : 12,5kg
Montage d’origine :
Fourche : ROCK SHOX Revelation Team DA 140mm
Amortisseurs : ROCKSHOX Monarch 4.2
Freins : FORMULA R1+ 180/160mm
Manette du dérailleur : SRAM Trigger X0
Cassette : SHIMANO XTR 9V
Dérailleur avant : SHIMANO XTR
Dérailleur arrière : SRAM X0 9V
Pédalier : TRUVATIV Noir 3.3 22/32/44
Pneus : HUTCHINSON Python & Barracuda
Roues : MAVIC Cross Max SLR
Cintre : UN Premium Rised Carbon
Potence : UN Premium (80mm)
Selle : SDG I-fly
tige de selle : SDG Carbon
Débattement : 140 mm
Montage transvésubienne :
Potence 70mm
Cintre 710mm
Tige de selle KS i900R (avec remote control)
Selle OnOff rail titane
pneus Maxxis LUST (HR 2.35 devant, Crossmark 2.10 arr)















