Aurélie Tournier : envoyeuse de gros !
J’avais complètement imprimé son prénom et le souvenir d’une vieille vidéo qui trainait sur le net, sur laquelle on la voyait envoyer une jolie corniche avant de se boiter en fond de vallon... On ne parlait à l’époque que de freeride et Aurélie roulait déjà fort.

Brake : Yep Aurélie, tu te souviens de cet épisode.
Aurélie : Yes c’était mon tout premier saut freeride au spot qui allait devenir celui des 26 trail games. Cela m’avait fait marrer que Guillaume la mette en ligne. On en a fait des choses avec les 3D diggers... Tout a commencé sur notre premier champ de bosses à Juvignac où j’ai appris à sauter sur mon Kona Stuff doré !
Le slopestyle n’est apparu que bien plus tard. Quel a été ton parcours ces dernières années ?
Ensuite, j’ai fait ma premiere Dh à Laudun, un 1er avril. Je me souviens avoir fait un meilleur chrono que Céline Gros qui n’avait pas apprécié la blague. La même année, j’ai participé à mon premier dual slalom sur une coupe de France à Font Romeu où j’ai fait 3. J’ai eu un petit contrat magasin avec Bicycle Store à Montpellier pour un Hot Chili Razor et j’ai fait beaucoup de freeride avec les 3D, une saison de maxiavalanche et la coupe régionale de descente.
En 2003 j’ai integré le team Egobikesport et me suis lancée dans les coupes de France de DH et certaines coupes du monde... On m’a volé les vélos aux championnats de France à Metabief et je me suis faite virer du team parce que je n’avais pas les moyens de les rembourser...
J’ai continué avec Bike Aventure où j’ai rencontré ma seule copine de ride, Alice... Ensuite, un contrat avec FMF et le magasin Culture Vélo de Latte pour faire de la Dh et du 4X en Foes…
Pour finir j’ai préféré faire du gros freeride et du norshore avec les 3D… Passage difficile. On a rasé notre terrain et le shore de Juvignac… Du coup j’ai fait du street avec les Royal Dirt et j’ai eu des 24 bicycles : un Porn puis un Moon en contrat.
Je me suis remise à faire du champ de bosses lorsque j’ai emménagé à Aix en Provence où j’ai rencontré Sousou des Hips. A Magicland, j’ai appris avec lui pas mal de trucs tant en freeride qu’en champs de bosses.
Je suis partie en road trip avec les Royal Dirt et le team Maniable chez la Tauch Dirt Company et ça s’est achevé par le fameux Slopestyle de la Ferme… qui m’a permis d’intégrer le team EDG Cannondale et d’obtenir maintenant mon premier contrat pro female freerider pour Transition. Cool !
Le pire c’est je me faisais appeler slopestyleuz avant que la discipline n’existe. J’avais piqué ça aux skieurs ! Je n’imaginais alors pas que le slopestyle vtt allait prendre cette envergure. C’est cool !
Dire qu’avant le vtt, je faisais du tennis en compétition et de la natation…Comme quoi, ça a du bon d’aller à la fac en vélo !
Ah, quand même... Un chouette pedigree. Aujourd’hui, tu pratiques aussi le vélo normalement ou ton truc, c’est vraiment de te mettre à l’envers ?
Etant préparatrice physique, je fais mes propres planifications d’entrainement et comme j’ai aussi le gout de l’effort, la route et l’enduro ne me font pas peur. Evidement j’en fait beaucoup moins que le reste !
Cette saison, tu as monté une structure sérieuse avec du beau matos et un super site web made in Razor.
Oui en effet, j’ai décidé de monter cette structure pour promouvoir le VTT freeride et dirt au feminin. Ainsi je suis ravie de l’effort de Transition, une marque underground qui ose venir taquiner les grands avec un vélo de freeride specifique pour les nanas ! Je ne pouvais rêver mieux ! Et je remercie évidement tous mes partenaires : Ignit, Gamut, AZR , Giro, Snatch underwear et Yourpark qui me suivent dans l’aventure.
Ton contrat chez Transition consiste en quoi ? Tu penses pouvoir vivre du vélo ou ton objectif n’est que plaisir ?
C’est donc un contrat pro female freerider similaire à celui des rideuses pros canadiennes. Sauf qu’ici, en Europe, l’objectif est de faire de la parution, des images pour leur catalogue et site web. Egalement promouvoir la marque sur un maximum d’évènements freeride internationaux.
Mon objectif n’est vraiment que le plaisir... Rouler sur de super vélos, pouvoir voyager et partager ma passion partout où je vais ! Pour le reste, on verra...

De grosses ambitions pour 2008 ?
Ah bah oui … La Womenzworx evidement ! Mais encore : Redbull Trail Fox, Chatel Mountain Style, Roof’n’Style d’Avoriaz et des road trips au Canada, pour le Crankworx, et en Europe. Peut-être même la Megavalanche de la Réunion pour le plaisir en fin d’année ! Et j’aimerais faire un petit séjour chez les Tahiti freeriders l’hiver prochain, si le budget le permet !

Ressens-tu une limite à ta progression ?
Non, mais je ne cherche pas la progression absolument. A force de rider un peu partout et avec différents riders, on apprend perpétuellement. C’est sans limite…
Es-tu capable d’évaluer ton niveau sur le plan international ?
Absolument pas !!! Il y a tellement peu de nanas qui ne font vraiment que du freeride ou du slopestyle pour le moment dans le monde… Ce qui m’embête c’est que, pour finir, ce sont surtout des descendeuses qui gèrent et même pour la Womenzworx, c’est encore trop type DH Canadian girl.
Il faudrait faire des manches comme au WRT encore plus abordables pour donner aux filles et aux débutants l’envie de se lancer... Enfin, la tendance est inverse avec le niveau qui augmente...
Par rapport à tes acolytes masculins du milieu newschool, tu sembles bien mieux protégée. Mauvais souvenirs ou prévention ?
Maturité et prévention … et j’ai bien fait ! Mais j’avoue que je les deteste et les mets de moins en moins. Pas bien !!!

Et la réaction des gars vis-à-vis de ton niveau de ride ?
Héhé... Les riders en général sont vraiment adorables avec moi, hyper respectueux. Et puis on se marre bien quel que soit le niveau !!!
Le machisme est donc une légende ?
Je ne l’ai pas ressenti et puis ça leur fait du bien qu’une fille roule devant ou s’engage sur des sauts ou tricks qu’ils n’ont jamais passés. Là où une fille passe, ils doivent passer !!!
d’ailleurs qui a lancé la backflip party du slopestyle de la ferme...hihihi non jen sais rien je plaisante !
Tu crèches actuellement en Suisse. Ce n’est pas dommage de se cantonner à jumper en park quand on vit au paradis du singletrack ?
Ah mais je n’ai rien contre de pures sessions de singletracks. Le plus souvent, je fais les deux dans la journée : singles puis bosses (rires).
Le crew BK ne manquera pas de te faire visiter le quartier si le cœur t’en dit…
Avec plaisir !
+ d’infos et vidéos : www.aurelietournier.com
Nom : Tournier Prénom : Aurélie Surnom : Timie Née à : Montpellier Situation familiale : en couple Job : rideuse, étudiante en ostéopathie , coach sportif et maitre nageur Aime : le superbe paysage suisse ! et son chocolat ! N’aime pas : les bouchons sur les autoroutes suisses et les examens Musique : electro, la musique plus tranquille Par exemple : electronic6, Jeff Buckley et Ben Harper Cinéma : action !!! Par exemple : je suis une fan de retour vers le futur… Cuisine : poulet riz coco curry ma specialité ! (miam !) Homme de rêve : Brad Pit (ben voyons...) Spot préfèré ? Whistler…





