Elsass Enduro Tour : première validée !

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Remy Absalon, Willy et Alex Balaud, Estelle Vuillemin, Jey Clementz... On vous laisse faire les comptes mais le palmarès associé de ces top pilotes enduro, tous issus de la région Vosges-Alsace, est monstrueux. Pourtant et curieusement, à l’instar de la répartition des médecins généralistes en France, aucun évènement n’avait jusqu’à présent vu le jour de ce côté-ci de l’hexagone alors que l’enduriste du Sud-Est doit faire des choix pour boucler son planning !!! Une erreur que Jérome Clementz, habitué à traverser le pays pour se rendre sur les courses (et accessoirement les gagner), a bien noté.

Et Jey créa donc l’Elsass Enduro Tour, sur ses terres. Initialement dotée de trois manches, cette première saison ne se jouera finalement que sur deux confrontations mais sera bel et bien qualificative pour le Trophée de France (http://www.enduroregional.net/publi...).

BK s’est rendu à Liepvre, dans le bas-Rhin, pour l’ouverture.

Patelin typique alsacien à deux pas de la route des vins et du Haut-Koenigsbourg, Lièpvre dispose aussi d’une petite piste de DH et de quelques bosses squattées par les gamins. Et si le site a été choisi pour la manche d’ouverture, c’est que le "VC Sainte Marie aux Mines", actif club local, fut le premier à répondre aux sollicitations de Jey qui cherchait des partenaires. Mais pas seulement. Dominé par les montagnes vosgiennes, le village voit affluer en son centre les sentiers de toutes parts et le spot est donc idéal pour l’enduro en trèfle comme l’a imaginé Jey.

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photo : Brake

Et en ce dimanche 3 mai, les riders sont au rendez-vous. 170 inscrits, nombre volontairement limité pour des raisons logistiques, sont à l’appel et à 9 heures pétante, le n°1 s’élance pour la première liaison suivi du n°2 vingt secondes derrière, etc... Le concept est un medley de ce qui fait de mieux sur la planète enduro française. Comme sur une Riderz Cup, chaque pilote connait à l’avance l’heure exact de son départ en spéciale et à lui de se débrouiller pour effectuer la liaison dans les temps. Comme sur les Enduro Series, on ride plusieurs fois les tracés, ce qui permet "d’ouvrir" progressivement. Et comme sur un rallye sudiste, on pédale aussi pas mal. Sur ce genre de format de course, on roule toute la journée avec les numéros adjacents au sien et Jey a donné la possibilité aux potes de se regrouper par équipe. Le classement reste individuel mais on effectue les liaisons en se marrant et c’est carrément top !!!

Le vif du sujet

- Spéciale N°1

9h37mn20s, je quitte la ligne de départ en compagnie de mes deux potes de Lorraine et on se perd dès la première bifurcation. A la place de contourner la Collinière, premier petit sommet à escalader puis à dévaler, on grimpe dans le pentu. En rebroussant chemin, on tombe sur une équipe en déroute également, et en combinant les infos dont on dispose, on finit par trouver la ligne de start, à l’heure. Ouf ! L’attente est limitée et une dizaine de minutes suffisent à récupérer des 200m de dénivelé positif effectués en guise d’échauffement. La spéciale est rapide, très rapide. Physiquement, elle est peu exigeante mais les chicanes savamment plantées par Jey et les grosses bifurcations mettent en évidence un terrain pour le moins glissant. L’orage de la veille a laissé quelques traces et si le terrain vosgien a pour réputation de sécher très vite, il est quand même encore un peu tôt. Le point stratégique de cette spéciale courte, c’est un bout droit en single où les gros coeurs font la différence. La relance est énorme et l’erreur proscrite. Un droite aveugle ramène sur les bosses et le virage relevé, une dernière relance et on repasse la ligne de départ, devenue ligne d’arrivée, bien chauds, voir déjà cramés... Les meilleurs sont déjà devant. Pierre Clementz, Cédric Braconnot, Vincent Galland, Marcellin Millet vont avoir fort à faire avec les locaux déchaînés sur des sentiers qu’ils connaissent par coeur.

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- Spéciale n°2

Nous ne trainons pas à l’arrivée et nous rendons directement dans le village voisin pour attraper la navette qui va nous convoyer au Col de Fouchy. L’attente est courte, le fairplay omniprésent, la logistique efficace mais au col, il reste encore quasi 30 minutes de liaison pour se rendre au sommet de Chalmont. Beaucoup sont à pieds. Mes potes qui préparent la Transvésubienne donnent le rythme et pourtant, nous sommes à la bourre. Pas de stress, l’organisation a déjà réagi et décalé les horaires de départ de 10 minutes.

Cette spéciale est un résumé à elle seule de tout ce qu’on aime dans les Vosges. Un tapis de tourbe, ce mélange de terre et d’épines de sapins, quelques racines qui barres le sentier et ça fait relance-freinage-épingle-relance etc... Tout ça pendant quasi 7 minutes pour le top 10. Du bonheur en barre. Et encore une fois, les mecs jouent le jeu et ouvrent le passage aux plus rapides.

Jamais dangereux, le tracé fait la part belle au pilotage et au flow.

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- Spéciale n°3

Ce run est encore une découverte. L’objectif est à nouveau la Collinière que l’on escalade à la force du mollet. Ca se fait bien même si l’ascension régulière est relativement rude. Malgré cela, les temps de récupération au sommet deviennent ridiculement courts et je me vois contraint d’enchaîner l’ascension avec la spéciale. Persuadé que le tracé est juste technique, je pars à fond et me retrouve face à un faux plat interminable, je me carbonise, je me fais reprendre... C’est le point clé de cet enduro. On y perd ou on y gagne 30 secondes à chaque passage. Le final se joue sur la piste de DH et la dernière traversée en dévers ne demande qu’à embarquer au talus le pilote en manque de lucidité. L’enfer !!! Et dire qu’il va falloir rééditer ces deux dernières spéciales.

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- Spéciales n°4 et N°5

Les deux derniers chronos vont permettrent au meilleurs de faire la différence. En effet, les liaisons commencent à entamer fortement l’organisme des moins affûtés. On est au delà du double des dénivelés annoncés. Et comme le tracé est désormais connu de tous, les temps vont tomber !!! Ou les bonhommes...

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Première réussie

A quinze heures, les dés sont jetés, le peloton en a fini et une fois l’assiette repas engloutie, tout le monde se retrouve face au podium pour l’annonce des résultats. Pierre "Bouli" Clementz (Morewood/Magura) s’impose au scratch devant Vincent Galland (Labyrinth) et Pierre Benoît (ex- Scott international et local de l’étape). Chez les Dames, Claire Hassenfratz (membre de l’équipe de France Junior de Cross Country) fait la pige aux spécialistes Caroline Millet et Stephanie Ethoin.

Les riders sont tous restés et les discussions fusent. Le sentiment global est très bon et comment pourrait-il en être autrement ? Tracés magnifiques et accessibles, organisation sans faille et réaction immédiate au problème de timing dans les liaisons, bonne humeur généralisée. Les moins préparés regretteront peut-être le dénivelé positif bien au dessus des prévisions mais que voulez-vous, Jey habite le Sud maintenant...

Prochaine et dernière étape le vendredi 8 mai au Lac Blanc. Les inscriptions sont évidemment closes...

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Classement complet : http://www.jeromeclementz.com/blog/...

Crédit photos : www.jeromepicard.com sauf spécifié.

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photo : Brake

- Jey miniview

Comment a germé l’idée de l’Elsass ?

Des évènements enduro voyaient le jour un peu partout en France ces dernières années. Je me suis déplacé sur certains d’entre eux et en voyant l’engouement des gens pour ce genre d’épreuve, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. En Alsace on a le terrain idéal pour cela. Un massif pas trop abrupt, de belles forêts remplies de sentiers et un nombre incalculable de riders croisés en forêt à l’entrainement mais non présents sur les évènements de la région ! Je me suis donc lancé dans l’aventure et j’ai commencé les démarches l’automne dernier.

Tu as bossé avec qui sur ce projet ?

Pour L’Elsass Enduro Tour je suis à mon compte et seul avec Loizo Rider Production, ma société pour le coté administratif, communication, gestion, etc. Le Lac Blanc, Le Vélo Club Ste Marie aux Mines, la Ville de Liepvre, ma Famille et mes amis ont été séduits par le projet et on a travaillé ensemble pour l’organisation des évènements, les tracés et l’encadrement durant l’épreuve. Sans ces personnes, rien ne pouvait voir le jour. Maintenant que c’est en route, vu l’engouement des organisateurs et des pilotes, j’espère bien développer l’épreuve et le concept avec plus d’étapes en 2010 !

Est-ce en lien avec tes nouvelles activités sur le Freeride Tour ?

Cela n’a rien a voir avec le Freeride Tour et Evolution 2. Je travail pour mon compte ici et je suis prestataire chez Evolution 2 sur le Freeride Tour. Je m’occupe du suivi des athlètes vainqueurs de la Freeride Academy 2009, je suis consultant sur l’organisation du tour. Mon rôle principal sera de gérer l’évènement en tant que directeur de course sur les 5 étapes. Antonin Lieuthagi sera toujours le traceur, Camille Comte, gèrera la logistique et la communication, Phillippe Vallini la sécurité et Cyril Baize chapeautera le tout. On essaie de pérenniser l’évènement et de le faire évoluer en douceur. Des surprises seront à attendre les années qui viennent.

Et comment concilies-tu ce job et ton rôle de pilote Cannon ?

Sans Soucis. Déja avec Cannondale et mes partenaires (Mavic, Kenny, Bollé, Spank, Magura, Kind Shock, Dakine, Fast Suspension), tout se passe à merveille, l’équipe est vraiment ouverte et motivée, pas seulement d’un point de vue compétition. J’essaie de faire des journées test avec eux, de l’image et du développement. Même si je suis un compétiteur dans l’ame, je n’aime pas faire des courses tous les week-ends. Ce genre de boulot me permet de faire autre chose, de penser à moi et d’avoir une activité sociale ! Après tout on ne s’entraine maximum que 3-4h par jour, ça laisse 10h dans la journée pour faire autre chose.

- Rider autrement dans la région

Si jamais l’envie de découvrir les sentiers de la région Vosges-Alsace autrement qu’en compétion vous titille, sachez que c’est possible. Un stage enduro avec Remy Absalon chez Irwigo ?

www.irwego.com

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www.sunydale.com

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