C’est René Wildhaber (Megama), le recordman de victoire sur les Mega et un inconditionnel de BK, qui a eu l’idée de ce trip le plus écolo possible ! Le légendaire Glacier Express roule entre Zermatt et St-Moritz, et vice-versa, en passant par la Furka, l’Oberalp et le col de l’Albula depuis quatre-vingts ans !
En action devant le célébrissime Cervin ! © www.photomargot.com / Red Bull Photofiles
Le point de rendez-vous est donné dans le « Chablais Libre », à Choëx chez notre cher Gomar (Christophe Margot). Dans l’équipe on retrouve Ross Schnell un américain qui a remporté tant des DH marathons US que le Championnat du Monde de singlespeed. Il est donc tatoué ! La troupe se complète avec Fabian Näf et Brian Gottschalk de Ionate Films (les réalisateurs de Virtuous), ils ont pour but d’immortaliser sur la « pellicule » ce trip.
René, l’enduriste au physique le plus affûté !
Les hostilités débutent au Gornergrat, le panorama avec le Cervin, le glacier du Gorner et le Riffelsee est à tomber. Megaman donne ses recommandations : « Le mieux est de partir tôt le matin avec le premier train, de s’éclater pendant la journée et de revenir à Zermatt peu avant le coucher de soleil ». Le run débute sur un chemin pédestre parsemé de grosses pierres. Plus l’on descend, plus il gagne en fluidité et René et Ross en vitesse. La suite longe le Riffelsee en direction de Riffelberg, puis de Zermatt à travers une forêt de mélèzes. Les chemins pédestres parfaitement entretenus, offrent un flow unique… Mais les rouler est à demi légal, il convient donc de respecter les marcheurs. Sinon les riders Valaisans se transformeront en justicier auprès des non-locaux !!!
Le deuxième jour, Martin Rickenmann arrive avec un hélicoptère en modèle réduit… Il monte une caméra pour filmer René et Ross. Durant les prochaines heures, l’hélico va tournoyer autour des riders engagés sur les trails du Gornergrat. René raconte, à ce sujet, comment un véritable hélicoptère le survolant en rase-mottes l’a un jour renversé par son souffle lors d’une Mega !
Zmutt, Furi et Blatten sont en quelque sorte les agglomérations « oldschool » de Zermatt. Passer entre les vieux chalets valaisans procure un plaisir unique. Malheureusement, aucun téléphérique ne transporte les vélos jusqu’à Furi…. Le ride sur Sunnegga vaut lui aussi le détour, mais le temps manque à présent et le premier train siffle déjà le départ. L’Oberalp, le col qui sépare Uri des Grisons, point d’orgue d’un fantastique domaine pour le VTT, se présente sous ses meilleurs atouts. Il incite nos freeriders amateurs de soleil à s’accorder un jour libre et un déjeuner bien mérité. Oubliant volontairement quelques centaines de trails qui parsèment les lieux.
Le crew poursuit son chemin en direction de Flims… Mais ? Le Glacier Express longe le Rhin antérieur jusqu’à Coire, Flims n’a donc pas de connexion avec le train ! Mais en revanche des trails de folie, on tolère donc ce détour. René désire d’un coup avaler 500 de D+ à la force des mollets, il aimerait retrouver sa Katia Rupf, son amoureuse. Ross est moins motivé il ressent des courbatures aux mollets.
Le Cassonsgrat, qui se situe au-dessus de Flims, jouit d’un statut de légende. C’est un spot de folie ! Après un rapide échauffement à 2’600m, René explique la tectonique des plaques (la formation des Alpes) , Ross est surpris par les connaissances de son collègue. Katia, René et Ross partent ensuite sur les plis alpins de Cassons. Les premiers kilomètres proposent un fin gravier, puis plusieurs « slick rocks », le rêve pour les manuals et autres nose wheel. A l’entrée de la forêt, nos amis retrouvent le tracé de la Runca Trail, un run mythique souvent emprunté lors de la Red Bull Trailfox. Ronca signifie ronce en Romanche, la quatrième langue nationale suisse. Il convient donc d’éviter de se sortir du sentier doté de nombreux shores !
A Pontresina, le Glacier Express se trouve proche du terminus… Nos trois vététistes changent de ligne et se laissent conduire au glacier de Morteratsch par le Bernina Express. Comme tous les massifs de ce type dans les Alpes, il est aisé de constater ce que le réchauffement climatique a causé. En un siècle, le glacier a reculé de plus de 2000 mètres, soit près d’un quart de sa longueur initiale. Sur ce qui reste du glacier de Morteratsch, René et Ross grimpent en chaussures de vélo, ils dépassent des alpinistes dotés de crampons. René Wildhaber s’envole ensuite par-dessus les crevasses, Ross laisse ses acrobaties au Suisse…
Un peu ouf Megaman !
Le monotrace du Lago Bianco est un véritable pump track naturel. Katja, Ross et René se livrent à un véritable duel avec le train 2300 mètres d’altitude. Les passagers oublient le fabuleux panorama sur le Piz Bernina et le Piz Palü, ils sont interloqués par tant d’audace. A Poschiavo, notre Américain découvre une nouvelle langue. Après le français et le suisse allemand en Valais, le romanche voici le dialecte italien local : le Poschiavin. Dans ce village on vous recommande de goûter les mets de la région que sont le Puschlaver Capunet (spätzli aux épinards) ou de Pizzoccheri (nouilles au sarrasin). Mais la cloche de la gare retentit à nouveau et c’est par l’Express que les riders sont renvoyés à Pontresina. Là, les Pizzoccheri se nomment Pizokel et ressemblent à des Capunet, tandis que les Capuns de la carte des diffèrent complètement de ceux de Poschiavo !
Le lendemain matin, tout le monde est donc heureux de pouvoir attaquer la prochaine et dernière montagne de l’aventure : le col de l’Albula. Le Glacier et la Bernina Express empruntent ici la même ligne. Les villages de Bergün et Preda ne sont distants que de six kilomètres à vol d’oiseau, mais Preda est plus haut de 417 mètres. Le train avale la différence grâce à cinq tunnels tournants… On perd tout ses repères ! C’est devant une succulente tourte aux noix de Bergün que les trois se remettent de leurs émotions ferroviaires.
La dernière station n’a plus rien à voir avec le freeride, mais avec René Wildhaber. Son frère tient à Flumserberg l’alpage sur lequel le petit René a usé ses fonds de culotte en été. Devant des kilos de fromage de montagne et une eau de vie sur laquelle est logiquement inscrit « Schnaps stark », les dernières journées sont passées en revue avec émotion, ce train c’est vraiment le Freeride Express !
+ d’infos : www.glacierexpress.ch, www.renewildhaber.ch, www.rossschnell.com, www.trek-gravitygirls.com
Un sujet compilé le 22 février 2010 par la rédaction
Images www.photomargot.com / Red Bull Photofiles


























